Avec un mélange de textes incisifs et de mélodies électro-pop, Miki n’est pas seulement la nouvelle sensation musicale du moment : elle est aussi le reflet d’une jeunesse qui doute et vacille.
Une artiste née d’un double héritage
La trajectoire de Miki commence dans un univers où la musique fait partie du quotidien. Avec une mère coréenne et un père français , ce double héritage forge très tôt son oreille et sa sensibilité. Dans son art, elle y incorpore parfois même quelques paroles en coréen comme dans sa chanson Hajima. Dans ses différentes productions, nous pouvons retrouver quelques inspirations du violon qui est un instrument rigoureux et exigeant forçant une certaine discipline musicale. Miki c’est une pop hybride, fait d’électro vaporeuse, de mélodies entêtantes et de textes tranchants, parfois crus, et toujours profondément authentiques.
Une plume qui tranche et qui guérit
La musique de Miki fait ressortir de chaque morceau comme un exutoire. Une histoire, un morceau d’elle-même qu’elle livre à chaque fois. D’origine eurasienne, elle dénonce les fantasmes fétichistes dont elle a pu faire l’objet dès le plus jeune âge. Sa plume fonctionne comme une lame fine : incisive, honnête, parfois brutale, mais toujours au service d’une vérité émotionnelle nue. Elle écrit pour comprendre, pour se libérer et, ce faisant, offre à son public une catharsis collective. Dans bnf elle clame : « Arrête d’écrire des chansons qui mettent en colère mais c’est quand tout devient sombre que j’y vois plus clair« . Une confession qui pourrait résumer son processus créatif avec l’obscurité comme moteur, la musique comme sortie de secours. L’univers de Miki mêle aussi réalisme cru et humour désarmant. Dans Scorpion ascendant scorpion elle chante : « J’vais pas cliquer sur ton dick pic mec, à part si c’est artistique, mais c’était pas artistique » . Une façon décomplexée d’aborder les comportements toxiques et banalisés des hommes envers les femmes.

Une voix qui parle à une génération désorientée
Les morceaux de Miki fonctionnent comme des instantanés de vie, des polaroïds émotionnels où beaucoup se reconnaissent. Dans Cartoon Sex, elle se dévoile avec une fragilité qui sonne juste : « J’vois ma vie comme une bande-dessinée, j’aimerais effacer certaines cases. » Ou encore : « J’kiffe pas les filles qui kiffent pas les filles, chérie c’est pas parce qu’elle est belle que tu es moins jolie. » Où elle se place du côté des loyautés féminines souvent malmenées. Une ligne simple mais puissante, qui vient agir comme un manifeste générationnel.
Des productions soignées, une vulnérabilité affichée, une capacité à mettre des mots justes sur les contradictions de sa génération, Miki s’impose comme une figure montante de la scène pop francophone. Une artiste complète qui transforme la douleur en beauté, la confusion en hymnes electro-pop, et les zones d’ombres en terrain d’expression.

